
Saint Piat, né à
Bénévent, au pays des
Samnites, fut un des
compagnons de
saint Denis, l'apôtre de la France, qui était le chef des missionnaires partis de Rome pour aller prêcher dans les Gaules.
Saint Piat, l'un d'eux, avait
été ordonné
prêtre avant de recevoir la mission particulière d'établir le culte du vrai
Dieu à la place de celui des idoles dans Tournai, capitale des
Nerviens. Rictiovare, ministre de Maximin, qui asservissait alors la Gaule belgique, voulut arrêter les progrès de l'éloquence de
saint Piat. Ses soldats poursuivaient avec acharnement les fidèles disciples de cet apôtre ; mais la mort de ses compagnons ne faisait quaugmenter l'ardeur courageuse dont il était animé. Rictiovare donna l'ordre de l'arrêter et de lui
couper la tête. Usuard, dans son
Martyrologe, fixe le
martyre de
saint Piat au 1er octobre. Butler ou plutôt Godescard, son traducteur, dit qu'il eut lieu vers 286, et Baillet, vers 287. D'autres auteurs reculent cette époque jusqu'à l'an 304, système peu admissible, puisque saint Grégoire de Tours place la mission de saint Denis sous l'an 250. Le
corps de
saint Piat resta caché à Seclin, petite ville situées à quatre
lieues de Tournai, dans laquelle on croit qu'il a subi le martyre. Il y fut découvert dans le VIIème siècle par
saint Eloi, évêque de Noyon et de Tournai, ainsi que l'atteste
saint Ouen, dans la vie de ce dernier prélat, qui fit
déposer ce corps dans une châsse ornée d'or, d'
argent et de pierreries.
Après la persécution dont il vient d'être question et pendant l'
invasion des Normands, laquelle se reporte à l'année 881, la ville de Tournai fut en proie à leur fureur. On transporta alors la
dépouille du saint à Chartres, où il avait prêché la foi avant de se rendre à Tournai. C'est depuis ce moment qu'il a reçu dans la première de ces deux
villes et dans son diocèse l'hommage d'un culte public. Il existe à trois lieues de Chartres un village appelé Saint-Piat et dont l'
église est sous son invocation. Ce village en prit le nom, lorsque les Sécliniens eurent apporté à Chartres le
corps du
martyr. Dans le siècle suivant, une chapelle fut bâtie en son honneur dans la
cathédrale. On trouve dans les uvres de saint Fulbert, soixantième évêque, qui siégea depuis 1007 jusqu'en 1028, une hymne qu'il composa en l'honneur de
saint Piat. Un martyrologe de cette église, manuscrit du XIème ou
XIIème siècle, contient tout le détail de la vie, de la mort et de la translation du même saint, racontées avec une
fidélité scrupuleuse et dégagées de tout le merveilleux dont les légendaires de ce temps-là ornaient leurs relations. Le corps de
saint Piat, qui, pendant la révolution, avait été transporté au cimetière St-Jérôme, en fut retiré en 1816 pour être transporté à l'
église de Notre-Dame à Chartres. M. Hérisson a publié une
Notice historique sur saint Piat, Chartres, 1816, 85 pages in-8°.
(Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 33 - Pages 166-167)