
Saint Protade, évêque de
Besançon, d'une famille illustre, était, suivant quelques critiques, fils ou du moins très proche parent de Protade,
maire du palais de Bourgogne. Il se consacra de bonne heure au service des autels et mérita, par sa piété et par ses lumières, l'affection de l'évêque Nicet, qui l'admit dans son intimité. Protade lui succéda, vers l'an 612 ou 613, sur le siège de Besançon ; il s'attacha constamment à maintenir la discipline dans son diocèse, dont il bannit les simoniaques, et qu'il parvint à garantir des opinions dangereuses qui infestaient les pays voisins. Le zèle du saint évêque étendit au loin sa réputation : le roi
Clotaire II le consultait souvent, et à l'exemple de ce prince les plus grands seigneurs avaient recours à ses lumières. Protade, pour mettre fin aux disputes des clercs touchant les cérémonies, composa un
Rituel, qui continue d'être cité sous le nom de ce prélat, quoique les nombreux changements qui y ont été faits dans la suite des temps l'aient rendu un ouvrage entièrement neuf ; il a été publié par Dunod dans les
Preuves de l'histoire de l'Eglise de Besançon, pp. 18-61 (à la suite de l'
Histoire du premier royaume de Bourgogne), d'après un manuscrit du
XIIème siècle, qui a disparu des archives de la métropole de Besançon, ainsi qu'un grand nombre d'autres monuments précieux.
Protade mourut en 624, le 10
février,
jour où l'Eglise célèbre sa fête. On conserve la plus grande partie de ses
reliques dans l'
église St-Pierre, où il était inhumé à côté de son prédécesseur, et elles sont exposées à la vénération des fidèles dans les calamités publiques. Sa
Vie par P. Fr Chifflet a été insérée dans les
Acta sanctorum ; et D. Rivet lui a consacré une notice dans l'
Histoire littéraire de la France, tome 3, p. 531.
(Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 34 - Page 411)